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Mon défi IRONMAN : le compte rendu

Il y a presque 2 mois que j’inaugurais ce blog en vous annonçant mon défi de franchir la ligne d’arrivée d’un Ironman, 1 an après avoir commencé le triathlon. Et cet Ironman avait lieu le weekend dernier puisqu’il s’agissait de l’Ironman de Vichy (30 août 2015).

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La fin du mois d’août a donc été fort chargée et riche en émotions! C’est pourquoi, j’avais besoin de quelques jours pour retomber les pieds sur terre et vous écrire le compte rendu de ce superbe weekend…

Alors nous y voici :

Vendredi matin, Jour J, puisque nous sommes le 28 août et c’est mon anniversaireSourire! Me voilà avec un quart de siècle… Exceptionnellement, on retardera un peu la fête car autre chose m’attend. Nous sommes effectivement à J – 2 de l’Ironman et c’est le grand départ pour Vichy! Je me réveille tôt avec ma petite amie et je termine mes sacs en vérifiant et revérifiant bien la check-list afin d’être sûr de ne rien oublier (car c’est souvent mon truc). Ensuite nous nous retrouvons pour charger la voiture avec 3 gars du club (2 participants et un supporter). Le voyage à 5 promet d’être folkloriqueRire!

En descendant vers l’Auvergne, la température monte et le climat se fait de plus en plus pesant. Pas étonnant vu les prévisions météo. Nous arrivons donc en début de soirée… Le temps de s’installer à l’hôtel, de manger nos pâtes (hé oui, on ne mange que ça depuis 2 jours mais on continue) au bord de l’Allier, de boire un verre à l’occasion de mon anniversaire puis direction le lit!

Le lendemain matin, c’est le semi-Ironman de Vichy mais notre journée est chargée… Alors, on se rend au village expo pour l’enregistrement et le retrait de nos dossards. Voir le portique d’arrivée et l’ambiance présente sur le site me fait réaliser que le lendemain, ce sera, je l’espère, à mon tour de franchir la ligne d’arrivée et de réaliser un rêve!

Nous profitons quand même d’être là, le long du parcours, pour encourager les athlètes, dont quelques-uns que nous connaissons. On remarque déjà que la chaleur fait des dégâts et qu’il faudra être prudent dimanche.

Après un bon repas et une petite sieste au frais à l’hôtel, nous partons pour 40 minutes de vélo, histoire de faire tourner calmement les jambes et de mettre au point les derniers réglages. Tout est prêt alors nous prenons la direction du parc pour y déposer les sacs de transitions ainsi que nos vélos. A l’entrée, j’aperçois les machines des pros! Je suis forcément admiratif mais demain, ils feront leur course et je ferai la mienne, donc je reste concentré. Je me dirige à mon emplacement et je suis situé tout au début d’une rangée. Point positif, je ne risque pas de perdre du temps à trouver mon vélo dans l’excitation de la course…

Tout le matériel étant en ordre, je file chez un ami qui habite dans le centre pour prendre de ses nouvelles et cuire mon gatosport que j’avalerai le matin de la courseClignement d'œil. Je me balade donc en ville avec mon gâteau encore tout chaud, et avec les gars, on part manger un dernier plat de pâtes au resto… Enfin le dernier de ces 3 jours de phase hyperglucidique!

Retour à l’hôtel et le stress commence vraiment à monter! Avant d’aller dormir, je prépare mes bidons personnels avec les gars du club et les fous rires sont encore au beau fixe… cela détendSourire!

Pas pour longtemps car une fois au lit, impossible de m’endormir…

Je cherche une bonne position, je me retourne, je suis excité, je réfléchis, je me vois durant la course, je m’imagine lors du passage de la ligne d’arrivée, je me demande si tout est bien prêt, je repense à tous mes entraînements, je vais aux toilettes, mon ventre n’arrête pas de gargouiller, j’essaye de ne penser à rien, je tente un peu de relaxation avec des grandes respirations etc.

Bref, pas moyen de m’endormir avant 2h45 du matin! Sur base de mes expériences estudiantines, je me convaincs que le lendemain d’une courte nuit, on a la pêche! C’est le sur-lendemain que c’est dur… Donc tout ira bienClignement d'œil.

Je ferme enfin les yeux puis 4h30, le réveil sonne! 4h30 et 1 seconde, je suis hors du lit, excité comme une puce. Ca y est, le jour J est réellement arrivé! J’embarque mes affaires, rdv dans la chambre des autres gars, petit déj’, une énorme part de gatosport puis trajet en voiture (conduite par notre dévoué supporter-chauffeur) jusqu’au parc à vélo. Je regonfle mes pneus, je scotche mes gels énergétiques sur mon cadre, je donne mes sacs de ravitaillements personnels, j’enfile ma combi puis j’attends… Une attente interminable où la tension est palpable au sein des athlètes!

6h50, départ des pros hommes! Le cœur serré, je les regarde depuis la zone de départ et des frissons commencent à m’envahir. Un grand sourire se dessine sur mon visage et je réalise que je suis parfaitement à ma place. Je me suis préparé pour ça, mes entraînements durant 4 mois représentent environ 110 km de natation, 4000 km de vélo et 500 km de course à pied. J’ai parcouru un superbe chemin depuis un peu plus d’1 an et aujourd’hui, je vais fêter tout ça en profitant pleinement de ma course! Je prends conscience de ce qui se passe à cet instant précis et le stress fait alors place à la joie et à la gratitude.

Les autres vagues d’athlètes s’enchaînent quand vient le tour de la dernière vague, la mienne… Je rentre dans l’eau et me place à hauteur de la ligne de départ. Je regarde autour de moi et vois l’impressionnante foule de supporters qui nous encouragent depuis la berge… Et c’est parti pour les 3,8 km de natation à faire en 2 boucles!

J’essaye de réfléchir à ma technique pour nager le mieux possible même si c’est toujours difficile au milieu de tous les concurrents. Je sens que je ne nage pas très bien mais je suis face au courant donc le retour sera plus facile et le plus important, c’est que j’évite les coups. Arrivé à hauteur du plot des 1000m, j’ai l’impression d’avoir nagé une éternité et je me rends alors compte que cette journée n’est pas gagnée d’avance et qu’elle va être longue… La fin de la première boucle se passe bien et lors de la sortie à l’australienne, je vois ma petite amie qui me reconnaît au milieu de la masse et m’encourage de toute ses forces. Reboosté, j’attaque la deuxième boucle en voyant le soleil se lever et je nage de mieux en mieux jusqu’à la sortie de l’eau! Je regarde ma montre : 1h13. Je ne suis pas un bon nageur et l’objectif était sous 1h15 donc c’est super!

A la transition, j’aperçois mon père et sa compagne descendus de Belgique pour me soutenir ainsi que notre grand supporter du club. Ca donne la pêche pour attaquer les 180 km de vélo! Je sens que les jambes sont bonnes et comme à mon habitude, je développe un petit braquet mais ma fréquence de pédalage élevée me permet de progresser aux alentours des 30 km/h de moyenne. Après 90 km, mon chrono indique 2h50 et là je comprends que je suis vraiment en forme! Sur le deuxième tour, le vent commence à souffler plus fort et la température monte en flèche (déjà plus de 30°)! L’organisme souffre plus mais je continue à bien m’alimenter et m’hydrater en conséquence. A chaque ravito, j’en profite également pour prendre un bidon d’eau que je verse littéralement sur ma tête et mes jambes afin de me rafraîchir un peu. A hauteur du 175ème km, la fin du vélo approche et une réaction émotionnelle m’envahi durant quelques secondes… Je me mets presque à pleurer mais je ne distingue pas si c’est de la joie, de la peur ou de la souffrance. Une chose est sûre, je suis toujours physiquement au top!

Et lorsque je descends de mon vélo, je pressens directement une bonne course à pied… Dans la tente de transition, je change de chaussettes et j’applique soigneusement ma crème anti-frottements pour éviter les irritations et les cloches. Un arrêt rapide aux toilettes puis j’entame les 42,2 km de mon marathonClignement d'œil!

Première impression, les sensations sont excellentes, deuxième impression, il fait chaud! Troisième impression, il fait très chaud (les 37° annoncés sont bien là)! Mais comme la course à pied est mon point fort et que les jambes suivent, je me cale à une allure régulière sur base de mes sensations… Tout en marchant à chaque ravito pour boire abondamment et manger quelques “tucs”, bonne source de sel, je commence à avaler les kilomètres et à avaler les autres concurrents par la même occasion. Beaucoup d’entre eux marchent et ça me motive encore plus! Ma famille et notre supporter national me transmettent toujours autant d’énergie et ça paye! Arrivé au semi-marathon, mon chrono affiche exactement 1h40… Et je n’en crois pas mes yeux car je me sens toujours aussi bien! Tellement bien que je décide d’accélérer légèrement dans le 3ème tour de 10,5 km. Je tiens l’allure et à la fin du tour, je passe juste à côté de l’aire d’arrivée. Là, je réalise que c’est la dernière boucle! La prochaine fois que j’arriverai ici, ce sera pour franchir la ligne d’arrivée…

Mais ces 10 derniers km vont être longs! Car à hauteur du 33ème km, les jambes deviennent lourdes, très lourdes et la chaleur m’accable de plus en plus. Mes cuisses se raidissent, ma foulée se dégrade et je décide alors de rester sous une douche, lors d’un ravito, pour me refroidir et essayer de reprendre du poil de la bête. J’avale aussi un gel puis c’est reparti. Les supporters qui voient mon prénom sur mon dossard et le drapeau belge sur ma trifonction m’encouragent de vive voix et ça pousse à tenir jusqu’à la ligne malgré l’effort qui devient vraiment difficile. A l’ombre des nombreux arbres qui se situent le long du parcours, je vois des athlètes allongés dans l’herbe, à bout de forces. Décidément, la chaleur fait des ravages! De mon côté, je décompte les kilomètres… 5, 4, 3, 2 et là, paf, des crampes aux ischios! Je marche quelques mètres pour que ça passe puis je gagne un dernier (je pensais que c’était le dernier) combat sur moi-même et reprends ma course pour me diriger droit vers l’arrivéeSourire. Aucun doute, je vais aller la chercher cette finishline!

Je fais mon entrée sur le tapis du final et à cet instant, je ne contrôle plus rien! La vue de tous ces supporters dans les tribunes me donne une incroyable sensation de joie, de confiance et surtout de liberté. Le speaker crie mon nom et ça y est, la phrase que je me suis répétée des centaines de fois durant ma préparation pour me motiver prend, en l’espace d’une seconde, tout son sens lorsque je passe sous le portique d’arrivée : YOU ARE AN IRONMAN!

Je ne réalise pas encore vraiment l’ampleur de l’effort réalisé durant les nombreuses heures de cette magnifique journée alors je m’assieds et ma tête commence à tourner légèrement. Je préfère ne pas chipoter avec une éventuelle déshydratation et on m’oriente vers la tente médicale pour me poser une perfusion. Cela ne peut me faire que du bien et je dois dire qu’avoir 2-3 infirmières pour s’occuper de moi est un grand luxe après la grosse journée que je venais de passer! Merci à elles d’ailleursSourire.

Je suis alors sur un nuage et lorsque je regarde ma montre, celle-ci affiche 10h33 avec un marathon en 3h20… Une performance bien au-delà de mes espérances lorsque je me suis lancé ce défi un peu fou!

Hélas, je redescends vite de mon nuage lorsque vient le moment de me relever! C’était tout simplement impossible car mes quadriceps avaient décidé qu’un Ironman, c’était assez pour aujourd’huiRire! Les infirmières me donnent donc un léger coup de main et me voilà parti, en marchant comme un pingouin… Quelques mètres plus loin et bien hydraté, peut-être trop, un besoin pressant se fait sentir… et c’est là que débute mon réel dernier combat de la journée : réussir à gravir l’unique marche pour rentrer dans les toilettes publiques! Je regarde autour de moi pour m’assurer que personne ne s’aperçoive de mon immense galère et j’espère que ce petit secret restera bien gardéClignement d'œil.

Sinon après, ce n’est que du bonheur!

Je terminerai donc mon long récit en vous confiant que j’ai vraiment vécu une préparation et une journée incroyables.

A ma famille, à ma petite amie, à mes amis, aux gars du club, à mon coach et à vous tous, qui m’avez suivi de loin ou de près, je vous remercie énormément car, lors de mon défi, vous avez été une réelle source de motivation et d’épanouissement! Ce challenge a clairement impacté ma vie de manière positive et cela m’a donné envie de réaliser de nombreux autres projets, à commencer par ce blog.

Alors je vous dis : “A très bientôt pour d’autres articles et d’autres défis”Sourire,

blog-le-triathlon.com Francois Kartheuser     François Kartheuser

Nom de l auteur

Nom : Francois Kartheuser

4 commentaires sur “Mon défi IRONMAN : le compte rendu

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